DISCOURS DE SEM. AMADOU DIOP, AMBASSADEUR DU SENEGAL AUPRES DU ROYAUME DE BELGIQUE, DU GRAND DUCHE DE LUXEMBOURG, DU GROUPE DES ETATS D’AFRIQUE, DES CARAIBES ET DU PACIFIQUE (ACP) ET DE L’ORGANISATION DU TRAITE ATLANTIQUE NORD (OTAN)

  • Excellences, Mesdames, Messieurs, en vos titres et grades,
  • Cher(e)s Compatriotes,

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Collant à l’enseignement du Chancelier BISMARK qui veuille que « la seule constante de l’histoire soit la géographie », l’Ambassade du Sénégal a fait entorse à l’histoire qui fixe la commémoration de l’indépendance au 4 avril, pour s’adapter à la géographie, pour être plus précis au climat belge et la fêter en juin. Ce climat nous a suivis dans ce mouvement avec ses rayons de soleil qui percent le ciel.

Merci donc à vous toutes et tous, amis du Sénégal, cher(e)s compatriotes d’avoir répondu présent à cette fête du souvenir, de la communion, de l’enracinement dans l’ouverture.

Merci pour cette marque de solidarité et d’amitié. Solidarité – amitié : deux mots qui marquent de leur empreinte indélébile les relations qu’entretient le Sénégal avec la Communauté internationale.

 

  • La solidarité: elle s’est pleinement exprimée avec les commémorations du centenaire de la première guerre mondiale, où ici en terre belge, les « tirailleurs sénégalais » à côté de frères d’armes alliés ont payé le prix du sang pour la défense de la liberté, de la dignité, des droits de l’homme et de la démocratie.

L’engagement des forces sénégalaises sur différents théâtres d’opération est sous-tendu par cette volonté forte de toujours œuvrer en faveur de la sécurité et de la quiétude des peuples de la planète.

Au demeurant, c’est autour de ces valeurs fondamentales que nous partageons tous, que Son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal s’investit pleinement dans la lutte contre la pauvreté, le terrorisme, l’extrémisme sous toutes ses formes, ainsi que son engagement résolu en faveur de la paix et du développement.

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C’est dans cette voie qu’il a résolument tracé les chemins de l’émergence pour le Sénégal, dans une Intégration régionale réussie, une Afrique unie et prospère.

C’est dans ce creuset qu’il assume avec foi et détermination la représentation de l’Afrique au G7, la présidence de la CEDEAO et la facilitation au Burkina Faso.

C’est dans cet esprit que le Sénégal a sollicité les voix de la Communauté internationale pour servir au Conseil de sécurité comme membre non permanent.

Sa disponibilité à accueillir les Conseils de Ministres ACP et ACP-UE, en mai 2016 et les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international en 2018 s’inscrit dans cette volonté à œuvrer avec tous pour la réalisation de ces objectifs, en toute amitié.

 

  • L’amitié: C’est sous ce sceau que la Belgique et le Luxembourg ont maintenu le Sénégal dans leur liste de concentration de la coopération.

Nous saisissons cette occasion pour leur renouveler notre profonde gratitude.

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Nos remerciements sincères s’adressent également à l’Union européenne pour la qualité de notre partenariat qui s’est notamment illustrée par la signature de notre Programme indicatif national (PIN), un Accord de pêche, l’Accord de partenariat économique et celle prévue le 6 juillet 2015 pour le Programme indicatif régional (PIR) s’agissant de l’Afrique de l’Ouest.

C’est le lieu aussi de saluer la vision d’avenir qui anime le Groupe ACP face aux mutations mondiales en cours.

A Vous, mes Cher(e)s Compatriotes, établis dans la juridiction, trouvez ici l’expression de notre profonde reconnaissance pour votre soutien ainsi que votre comportement exemplaire en vous encourageant à continuer dans ce sens.

A ce propos, permettez-nous de rendre un hommage tout particulier aux Doyens Samba GAYE et Gora BEYE qui ont été décorés ici en Belgique, après tant d’années de services rendus avec loyauté, dévouement et respect des lois, règlement et usages du pays hôte.

C’est sous ce signe de l’exemplarité que je voudrais conclure en Vous renouvelant à toutes et tous nos vifs remerciements pour votre présence qui nous honore et en levant notre verre à la santé du Sénégal, de l’amitié avec le Royaume de Belgique, le Grand-Duché de Luxembourg, l’Union Européenne, le Groupe des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), l’Organisation du Traité Atlantique Nord (OTAN), de tous les amis, sœurs, frères et collaborateurs ici présents.

Que la Fête soit belle !

PROJET DE COMMUNICATION DE L’AMBASSADEUR AMADOU DIOP LORS DES JOURNEES CULTURELLES DU COLLECTIF DES ETUDIANTS SENEGALAIS AU LUXEMBOURG

Luxembourg, le 17 mai 2013

     – Excellence Monsieur le Ministre de la Coopération  

       du Grand Duché du Luxembourg ;

     – Mesdames et Messieurs les Distingués invités ;

  • Mesdames et Messieurs les membres du Collectif des Etudiants sénégalais au Luxembourg;
  • Chers compatriotes africains et sénégalais ;
  • Mesdames et Messieurs,

Je voudrais, de prime d’abord, exprimer mes sincères remerciements aux organisateurs de cette rencontre pour l’honneur qui m’est fait d’y prendre part et l’opportunité qui m’est donnée de parler d’un sujet d’importance pour mon pays le Sénégal : la coopération au développement.

Le Sénégal est un pays qui à travers son histoire s’est illustré, notamment, par sa propension à échanger avec l’extérieur, de diverses manières, dans un élan d’enrichissement et de renforcement de ses relations d’amitié et de coopération avec des peuples d’autres horizons et d’autres cultures.

C’est cette dynamique que le Président Poète, Léopold Sédar SENGHOR, pour ne pas le citer, avait qualifiée par le concept double d’enracinement/ouverture.

Cette métaphore de l’arbre (du baobab pour évoquer un emblème de mon pays) est salutaire à toute relation humaine qui est tout autant faite d’identité et d’altérité.

Nous la comprenons parfaitement, par ailleurs, nous qui vivons sous d’autres cieux, et qui sommes appelés à nous y intégrer tout en gardant notre identité.

Des manifestations de ce genre participent à cette logique d’échanges, de « rendez-vous du donner et du recevoir » (je cite encore Senghor) qui nous habite en permanence nous sénégalais. Je félicite donc les organisateurs pour cette heureuse initiative.

Le Grand-Duché de Luxembourg est de longue tradition reconnu pour être une terre d’accueil et d’humanisme. En effet, la politique de coopération au développement que mène le Grand-Duché depuis des décennies est le symbole de sa solidarité agissante avec les pays du monde qui sont confrontés aux défis de la pauvreté et du développement. Il s’agit là d’un humanisme actif qui est suivi d’effet car le Luxembourg est bien au-delà de l’engagement de consacrer 0,7 % de leur Revenu national brut (RNB) à l’aide au développement, souscrit par les pays développés, et qui jusqu’à ce jour n’est que très peu respecté.

Que le peuple et les Autorités luxembourgeois en soient remerciés.

Mesdames et Messieurs, la rencontre de ces deux humanismes ne pouvait que porter du fruit et c’est le cas pour la coopération entre le Grand Duché de Luxembourg et le Sénégal qui est faite d’entente et de respect mutuels.

Cette coopération au développement, relativement récente, était marquée, de 1987 à 1996, par des interventions ponctuelles. C’est à partir de 1997 (date d’intégration du Sénégal parmi les pays cibles de la coopération luxembourgeoise) qu’elle a pris un essor significatif avec les projets de réhabilitation et d’équipement de l’hôpital Abass NDAO et de reconstruction du marché Kermel, des structures situées au niveau de Dakar, la capitale sénégalaise.

 

La coopération entre le Sénégal et le Luxembourg a pour document de référence le Programme indicatif de Coopération (PIC), un cadre stratégique et programmatique mis en place en 2002 et qui, depuis, a connu un développement marqué notamment par l’accroissement de son enveloppe financière.

Le premier PIC portait sur la période 2002-2006 et était un cadre programmatique à moyen terme devant s’aligner sur les priorités du Sénégal à travers le premier Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté qui était le programme national de lutte contre la pauvreté au cours de la même période. L’enveloppe financière du PIC I se chiffrait à 34,5 millions d’euros (22,6 milliards de FCA).

Les secteurs privilégiés par cette coopération, tels que définis dans le PIC II (2007-2011), concernent la santé de base, l’hydraulique rurale, l’assainissement, l’enseignement technique, la formation professionnelle, l’insertion socioprofessionnelle, la gouvernance locale et l’éducation citoyenne. Les interventions dans ce cadre étaient concentrées au niveau des régions de Thiès, Louga, Saint-Louis et Matam. Le total des contributions du Grand-Duché du Luxembourg pour le PIC II remonte à 53,3 millions d’euros soit environ 35 milliards de F.CFA.

Le 26 octobre 2011, le Gouvernement du Sénégal et celui du Luxembourg ont inauguré la troisième génération du Programme indicatif de Coopération ( PIC III), qui couvre la période 2012-2016, en le dotant d’un budget de 67,9 millions d’euros, soit environ 45 milliards de francs CFA. Ce qui donne, en valeur relative, une hausse de 27% par rapport au PIC II (2007-2011).

Le PIC III, en gardant la quasi-totalité des thématiques qui avaient été retenues pour le PIC II, s’inscrit dans la consolidation des actions menées dans le cadre programmatique précédent. Il s’agit des axes prioritaires suivants: (i) l’enseignement technique, la formation et l’insertion professionnelles,(ii) la santé de base y compris la santé de la reproduction, (iii) la décentralisation, la gouvernance locale et l’éducation citoyenne.

Outre ces secteurs prioritaires, les interventions du PIC III s’étendent également aux thématiques transversales du genre, de la gouvernance démocratique et de l’environnement.

En plus de l’orientation thématique susmentionnée, les ressources de la coopération luxembourgeoise sont concentrées au niveau de certaines régions ciblées : Matam, Saint-Louis et Louga pour ce qui fut du PIC II.

En effet, en vue de consolider et de pérenniser les progrès déjà réalisés dans le cadre du PIC II, le choix des zones de concentration du PIC III a reconduit les mêmes régions du nord tout en étendant certains programmes (enseignement technique, formation et insertion professionnelles des jeunes) à Fatick, Diourbel, Kaffrine et Kaolack, tandis que des activités pilotes en matière de santé de la reproduction des adolescents et des jeunes ont été destinées dans quelques centres urbains de la région de Thiès.

Le contexte du PIC III correspond, en outre, au démarrage d’un nouveau cycle de planification du développement marqué par l’adoption par le Sénégal de son Document de Politique Economique et Sociale (DPES). Dès lors, en ayant en point de mire la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), le PIC III a retenu des options stratégiques dans les secteurs qu’il couvre afin d’y optimiser les actions du Gouvernement sénégalais.

Ainsi, une attention particulière a été portée sur le renforcement des capacités institutionnelles et humaines qui, en réalité, sera le fil conducteur des interventions d’appui du PIC III au DPES.

La coopération entre le Sénégal et le Luxembourg recouvre un enjeu important pour notre pays et mérite d’être consolidée avec notamment le renforcement des liens politiques et culturels.

La 9ème Session de la Commission de Partenariat entre la République du Sénégal et le Grand-Duché de Luxembourg qui s’est tenue à Luxembourg, en novembre 2012, s’inscrit ainsi dans le cadre du suivi de la coopération au développement entre nos deux pays.

Cette Session a été l’occasion pour les deux parties de faire le point sur la mise en œuvre du deuxième Programme indicatif de coopération 2007-2011 (PIC II) qui s’achevait et d’échanger sur le processus de formulation des Composantes du troisième Programme (PIC III), signé à Dakar, le 26 octobre 2011 et portant sur la période 2012-2016.

Le descriptif des projets dans le cadre de la mise en œuvre du PIC III laisse apparaître l’option de développement à la base qui caractérise notre coopération avec le Luxembourg, à travers les axes suivants : la formation technique et professionnelle ainsi que l’insertion professionnelle, la santé de base, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les zones rurales.

Cette option pour le développement à la base correspond à l’orientation actuellement mise en œuvre par les nouvelles Autorités Sénégalaises avec le lancement de l’acte III de la décentralisation qui ouvre pour notre pays une nouvelle ère pour le développement à la base et par la base. Cette nouvelle réforme sera accompagnée d’une politique de territorialisation des politiques publiques.

L’Etat sénégalais va dans ce cadre initier des réformes pour renforcer la démocratie locale, réorganiser les relations entre lui et les Collectivités locales et transférer de nouvelles compétences aux communes, aux communautés rurales et aux régions.

C’est dire donc, en conclusion, toute la pertinence de la coopération au développement entre le Luxembourg et le Sénégal qui est bien avancée dans la promotion du développement à la base, avec une attention particulière portée sur les filles et les femmes, les véritables artisanes du développement.

Merci encore, Mesdames et Messieurs, de l’opportunité que vous m’avez offerte de vous entretenir d’un sujet qui me tient tant à cœur.

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